Mercredi 25 avril 2007
Tonton Rémy m’appelle vers 18 heures, Mamie Renée a eu un accident, elle s’est faite renverser par un scooter. Elle est donc hospitalisée pour une durée d’au moins deux mois à cause d’une fracture du péroné de la jambe gauche et d’une fracture de la cheville de la jambe droite.
Jeudi 26 avril 2007
J’accompagne ton papa à son travail. Je me dépêche de rentrer à la maison pour préparer ta valise pour la maternité. Depuis quelques temps déjà on me pressait pour préparer nos deux valises. Je me décide enfin. Je prévois donc de faire nos deux valises ce jour.
Avant de partir pour mon rendez-vous chez le gynécologue de l’hôpital, ta valise est prête. La mienne ne l’est pas encore, je n’ai pas eu le temps avant de partir.
Je pars donc pour mon rendez-vous. Le dernier avec le gynécologue avant ta naissance. Verdict : mon col est toujours fermé, rien n’a bougé. Je pensais donc que ta venue n’était pas pour tout de suite.
Je passe rendre visite à Mamie Renée à l’hôpital. Je reste quelques temps avant de partir rejoindre ton papa. Nous avions prévu de déjeuner ensemble.
Puis Tonton Rémy m’appelle pour me dire d’aller acheter des petites bricoles pour Mamie Renée et de les lui apporter à l’hôpital. J’achète tout et je retourne à l’hôpital. Ta Mamie n’est plus dans sa chambre, on la transfert dans un autre service. Donc j’attends qu’on l’installe dans sa nouvelle chambre.
Avec tout ça je suis en retard pour mon autre rendez-vous. Effectivement, je dois aller chercher Mamie Marie-Christine, passer à la Banque et aller chercher la nouvelle voiture. Nous allons être en retard. Finalement nous ne sommes pas si en retard que ça, mais il faut encore se dépêcher car papa attend à la sortie de son travail.
Nous rentrons vite car nous devons manger avec Tonton Rémy. Finalement, le repas ensemble ne s’est pas fait, donc papa et moi avons commandé une pizza, car il était déjà tard et nous n’avions plus envie de cuisiner.
Vendredi 27 avril 2007
J’ai rendez-vous à 10h30 chez mon médecin généraliste. Elle me demande comment se passe ma grossesse et si je dors bien. Je réponds que je dors bien et que je ne suis même pas dérangée par les réveils pipi, qui sont fréquents chez les femmes enceintes. Elle me précise alors que tu es peut être encore placée haut, que tu n’appuies peut être pas sur la vessie mais que cela arriverait certainement bientôt.
Après je passe voir Tata Josée chez elle.
Je vais chercher ton papa à la sortie de son travail car nous devons partir à la conquête de son cadeau d’anniversaire. Finalement, il finit trop tard donc nous remettons ce projet au lendemain.
Nous rentrons à la maison, je me repose un petit peu avant de partir à la Pizzeria Monégasque pour une soirée entre filles parmi lesquelles nous comptons ta marraine, Magali, Marylin, Céline et Géraldine. Petite soirée sympathique, où nous parlons, évidemment, de ta venue prochaine. Nous nous quittons en se disant que la prochaine fois que l’on se reverra, tu seras sûrement parmi nous.
Samedi 28 avril 2007
Cette journée s’annonce encore très chargée. Mais j’indique à ton papa qu’il serait préférable que nous rentrions tôt afin de mettre une machine en route pour que je puisse enfin faire ma valise.
Nous retournons chez le concessionnaire où nous avons acheté la voiture car ton papa devait signer un papier.
Puis direction Monaco pour choisir le cadeau d’anniversaire de ton papa. J’avais prévu de lui acheter une montre. Mais depuis qu’il me parlait de cette montre, je n’avais pas envie de me tromper donc je lui ai demandé de me faire une petite sélection, puis je choisirai et viendrai l’acheter le lundi 30 avril. La sélection est faite, c’est bon nous pouvons y aller.
Nous passons à l’hôpital voir Mamie Renée. Pendant que nous sommes là-bas, je ressens une petite douleur dans le ventre. Mamie Renée me demande si j’ai mal au ventre, je réponds positivement, elle me demande s’il s’agit d’une contraction. Je lui dis alors que je ne sais pas car je n’en ai jamais eu ou en tout cas, je n’ai jamais interprété un mal de ventre comme une contraction. Elle se pose quand même la question de savoir si tu ne vas pas pointer le bout de ton nez plus tôt que prévu. Je ne voyais quand même pas le lien entre ce « petit » mal de ventre et ta venue.
Bref, nous rentrons à la maison, et nous repartons quasiment directement au restaurant le Darkoum avec Mamie Marie-Christine, Pascal et Stacey. Contrairement à ce qui était prévu, nous ne sommes pas rentrés tôt, je n’ai dons pas mis de machine en route, ma valise n’est toujours pas prête.
Pour aller de la voiture au restaurant, Pascal me demande si je commence à marcher en canard, comme la majorité de femmes enceintes, car je ne le faisais toujours pas. Je lui réponds que non et il confirme. Pascal et Mamie Marie-Christine disent donc que ta naissance n’est pas pour tout de suite.
Pendant le repas, je ressens quelques tiraillements, mon ventre est tendu, mais rien d’alarmant.
Nous rentrons à la maison, pour passer notre dernière nuit à deux, mais ça nous ne le savons pas encore.
Dimanche 29 avril 2007
A 6h30 je me réveille en sursaut. Je ressens une douleur mais pas très importante. Depuis quelques temps, certaines positions me dérangent un peu, donc je dois trouver une autre position, plus confortable. Ce matin-là, je ressens là même sensation, mais plus intense et surtout j’ai une envie d’aller aux toilettes, je fonce. J’ai jamais eu cette envie. Donc tout ce que je me dis c’est que, contrairement à ce que j’avais dit à ma généraliste deux jours plus tôt, j’ai mon premier réveil-pipi.
Je me rendors très vite.
A 8h30 c’est reparti. Pas de douleur particulière uniquement la même sensation d’une position pas confortable puisque tu m’appuies sur je ne sais quel organe et même envie pressante d’aller aux toilettes.
Vu l’heure, je décide de ne pas aller me recoucher, le réveil devait sonner vers 9h – 9h30. Je me mets dans le canapé du salon en attendant que papa se réveille. Nous devions pique-niquer à Moulinet sur le terrain de Papi Gérard et Christiane.
A 9h00 je ressens une douleur dans le ventre. Là c’est bien une douleur ce n’est pas un problème de ton placement dans mon ventre. Puis très vite une autre douleur. J’entends le réveil sonner, je me dis que ton papa va bientôt me rejoindre, il met un peu de temps et le réveil sonne de nouveau. J’attends patiemment, mais une autre douleur.
Je trouve cela bizarre. En effet, pendant les cours d’accouchement, j’avais entendu que les contractions étaient espacées au début, toutes les deux heures, toutes les heures, puis de plus en plus régulières, de plus en plus rapprochées et surtout de plus en plus douloureuses. Je n’expliquais donc pas le fait que je sois passée si vite de deux heures entre deux contractions à quasiment tous les quart d’heure aussi vite.
Ton papa est réveillé, il m’embrasse et me demande si j’ai bien dormi et comment je vais. Je lui raconte, tout en lui disant que je ne pensais pas que c’était des contractions parce que c’est pas si douloureux que ça et que ça ne ressemble pas à la description que j’avais eue des contractions. Il me dit quand même d’appeler Papi Gérard pour dire que nous n’irons pas pique-niquer si je ne me sens pas.
A ce moment, je lui dis que je sens qu’il y a déjà une conspiration entre lui et toi. Effectivement, il avait prévu, quelques semaines plus tôt, que tu naîtrais le 29 avril. Je lui dis donc qu’il y une conspiration contre moi et que si ça commence comme ça, ça promet.
D’un autre côté, je me dis que ça ne peut pas arriver aujourd’hui, car je tenais absolument à ce que tu naisses en mai et non avril. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais je me disais que c’était une fausse alerte car tu devais naître en mai.
Puis, tous les quarts d’heure je ressens la même douleur. Je dis à ton papa que ça doit vraiment être le travail qui commence.
Finalement j’appelle papi Gérard pour lui dire que nous ne viendrons pas car je sens des contractions, enfin je crois que ce sont des contractions. Il ne répond pas donc je lui laisse un message sur son répondeur.
Finalement je dis à ton papa que je vais prendre un bain, c’est ce qui m’avait été conseillé pendant les cours d’accouchement. Il paraît que cela favorise la dilatation du col. Les sages femmes m’avaient conseillé de prendre un bain pendant une heure.
Petit problème, ma valise n’est toujours pas prête. Je n’ai pas du tout eu le temps. Papa me demande où sont mes affaires, il me propose de faire ma valise pendant que je prends mon bain. Le problème c’est que toutes mes affaires sont sales. Il faut donc lancer une machine. J’avais bien dit qu’il fallait rentrer tôt la veille.
La machine est partie.
Je prends donc un bain, pendant lequel je pense bien sûr à raser mes jambes, etc. Je me dis, on ne sait jamais si ça doit être LE jour, autant être présentable. Je fais ça bien sûr entre deux contractions qui sont de plus en plus douloureuses. Papa appelle Mamie Marie-Christine qui lui dit que je devrais sortir du bain, on ne sait jamais, si je venais à perdre les eaux, je ne pourrais pas le sentir dans le bain.
Je demande à papa de m’apporter une feuille et un stylo pour pouvoir noter la régularité des contractions. Normalement il faut arriver à la maternité lorsque les contractions sont espacées de 5 minutes et cela pendant une heure.
J’ai essayé de prendre en note mais ça devenait, vers la fin, de plus ne plus dur à noter, car les contractions étaient de plus en plus douloureuses et rapprochées. J’ai noté au début du bain, toutes les 10 minutes, puis rapidement toutes les 5 minutes. Comment elles ont pu être aussi rapprochées aussi vite ?
Je décide enfin de sortir du bain.
J’appelle Mémé Madeleine pour lui dire de prévenir Papi Gérard que nous ne viendrons pas pique-niquer car j’ai des contractions, elle me dit qu’effectivement il vaut mieux être prudente parce que Moulinet est à plus d’une heure de route de la maternité. Papi Gérard m’appelle à la suite et me demande si ce sont juste des contractions « comme ça » ou si je pensais que c’était pour aujourd’hui. Je lui réponds que je ne sais pas mais que c’est assez douloureux.
Entre temps papa a mis en route le sèche-linge et commence à faire ma valise.
J’essaye de trouver une position sur le lit car je ne tiens pas assise aisément. A chaque contraction, je prends la position qu’on m’avait apprise au cours d’accouchement pour faire passer les contractions. Je me mets donc debout, face à un mur, je mets les deux mains sur le mur et je me penche vers l’avant en essayant de garder le dos droit. Ton papa me voit me mettre dans cette position et me voit souffrir, les contractions étant vraiment fortes. Il me demande depuis combien de temps je suis comme ça, il ne m’avait pas vu car il repassait mes affaires dans le salon. Je lui réponds donc que ça fait un moment.
Je ne souhaitais pas avoir la péridurale, mais je me disais à ce moment que finalement j’allais la prendre parce que si au début du travail, la douleur était si intense, je n’allais pas tenir jusqu’à la fin.
Ton papa me dit donc qu’on attend plus, qu’il faut partir. Si j’ai pas tout dans ma valise, c’est pas grave, il m’apportera le reste plus tard, à la maternité. Il récupère les derniers documents et me dit de finir de me préparer. Je finis donc de me préparer et je vais me brosser les dents. Ton papa arrive dans la salle de bain et me demande ce que je fais, je lui dis donc que je finis de me préparer. Il me dit que j’exagère que c’est le moment de partir et pas de se faire belle. Je vois que là c’est le moment, je me dépêche et nous partons enfin avec ta valise et la mienne.
Avant de partir, je fais un dernier détour vers les toilettes, je m’aperçois que je perds du sang, il est vraiment temps de partir.
Nous arrivons à la maternité, il est environ 12h30. Il n’y a personne à l’accueil, c’est normal, nous sommes dimanche, personne non plus dans les couloirs, c’est désert. On voit une sage femme mais elle est au téléphone. Ton papa part à la recherche de quelqu’un. Je l’entends dire : « ma femme va accoucher ».
Plusieurs femmes se sont précipitées vers moi. Elles m’ont soutenu car j’étais appuyée sur une rampe, une contraction était en train de faire son effet sur moi.
Une des sages femmes me dit de la suivre, elle doit m’auscultée. Elle me regarde bizarrement et me dit que je dois avoir des contractions très douloureuses. Je lui réponds qu’effectivement ça ne fait pas du bien. Elle me dit que c’est normal, mon col est ouvert à 8/9 cm sur 10. Elle me demande alors si je souhaite la péridurale. J’avais prévu de ne pas la prendre et vu que, contrairement à ce que je pensais, je n’étais pas au début du travail mais plutôt à la fin, il ne me restait plus beaucoup à tenir. Donc je refuse la péridurale.
On part immédiatement en salle d’accouchement.
Je change de lit, on commence à me préparer. La sage femme, Céline, revient. Elle prépare la perfusion, on pourrait en avoir besoin. Elle me dit que le fait que j’ai perdu du sang est normal, cela arrive quand le col est dilaté à partir de 8 cm.
On installe le monitoring pour contrôler ton petit cœur et pour s’assurer que tu ne souffres pas dans ton chemin vers nous. Grâce au monitoring je peux également visualiser à quel moment les contractions arrivent.
Tout est prêt.
Nous attendons que tu descendes tranquillement.
La sage femme me dit que tout se présente bien, que je tolère très bien la douleur et que tu te portes bien. Elle me dit donc qu’elle va laisser le travail se faire seul sans précipiter les choses.
Une autre sage femme arrive dans la salle d’accouchement. C’est une des sages femmes qui donnaient les cours d’accouchement. Elle rentre, elle me voit et me dit qu’elle me reconnaît. Céline, lui dit, regarde, comme elle gère bien la douleur, c’est vraiment super. Une contraction arrive, je souffle, elles soufflent toutes les deux avec moi, comme si elles voulaient m’aider. Fin de la contraction et là, elles commencent à parler toutes les deux de leurs casiers à chaussures. Je me disais qu’il y avait sûrement un autre endroit ou moment pour parler de ça. Je décroche vite, une nouvelle contraction arrive. L’autre sage femme s’en va.
Le temps passe, ton papa et moi sommes seuls, la sage femme est à côté et attend que le travail avance. Je fais fasse aux contractions.
Céline revient et me dit, à 15 heures, on essaye de pousser. Je demande alors l’heure à ton papa. Il me dit qu’il ne reste que 10 minutes avant qu’il soit 15 heures.
A 15 heures, Céline revient. Elle me met en position pour pouvoir pousser. Elle me dit qu’on essaye trois fois, que généralement c’est le nombre de fois pour que les futures mamans comprennent bien là où il faut pousser et comment il faut pousser.
J’essaye trois fois, mais visiblement c’était trop tôt. Tu descendais bien, mais mon périnée et mon bassin ne voulaient pas te laisser sortir. Céline me dit qu’il faut changer de position pour que mon bassin soit dans la bonne position pour te laisser sortir.
Elle me propose alors de me mettre le ventre sur un gros ballon. Mais vu que je ne voyais absolument pas comment je devais me mettre j’ai refusé cette position.
Elle m’a alors proposé de me mettre sur le côté gauche, la jambe gauche tendue sur le lit et la jambe droite sur un étrier.
Je me suis mise dans la position et là, un mal indescriptible. Céline me dit, dans cette position, vous allez plus sentir bébé descendre. Effectivement, je t’ai senti descendre et ce n’était vraiment pas agréable. Les sondes du monitoring, lorsque je me suis mise sur le côté, se sont déplacées. Céline ne retrouvait pas ton petit cœur, donc après avoir cherché pendant 5 bonnes minutes, elle me dit de changer de position. Génial, je n’en pouvais plus.
On essaye une autre position. Céline me demande de m’asseoir. Elle met le lit en position. C’est parti pour la position assise, tu es censée mieux descendre dans cette position.
Je crois que c’est à ce moment que j’ai dis à ton papa que j’étais désolée parce que je n’aurai pas de cadeau pour son anniversaire car je comptais aller le chercher le lendemain. Il m’a traité, par la suite, de bécasse d’avoir dit ça.
Après un moment qui me semble une éternité, dans cette position, la sage femme revient et me dit qu’à 15h45 on va recommencer à pousser. Comme la première fois, je demande l’heure à ton papa. Il était 15h30.
Les minutes passent, je suis toujours dans la même position. Céline revient. Je recommence à pousser. Je pousse quelques fois et le verdict est le même, tu veux sortir mais mon périnée et mon bassin ne veulent pas te laisser passer.
Céline me demande alors si ça me dérange de me lever. Je n’ai pas tout de suite compris. Que veut-elle que je fasse debout ? Je suis en train d’essayer, tant bien que mal d’accoucher et elle veut que je me lève. Elle me dit que vu que je n’ai pas de péridurale, elle en profite. Elle reprend le fameux ballon, me demande de me lever de mon lit, de m’asseoir sur le ballon et de faire des mouvements en forme de 8 avec mon bassin. Je te sens encore plus descendre, c’est plus intense.
Ce qui me fait le plus mal depuis le début de la matinée c’est mon dos. Toutes les positions essayées n’y font rien. La sage femme demande donc à ton papa de me masser le dos à chaque fois qu’il y a une contraction. Il me masse donc le dos. Je m’arrête de faire des 8 avec mon bassin car j’ai vraiment hâte que Céline revienne et me dise qu’on recommence à pousser. Je sens que c’est le moment. Ton papa me dit alors d’essayer de faire encore quelques mouvements de bassin.
Quelques minutes plus tard, je n’en peux plus, je demande à ton papa d’appeler Céline et de lui dire que je pense qu’il faut recommencer à pousser. Il l’appelle. J’ai l’impression qu’elle arrive une éternité plus tard.
Elle me met en position dite « gynécologique » et me demande de pousser, pour voir si c’est bien le moment. Je pousse. Elle dit qu’elle va s’habiller, c’est enfin le moment.
Je commence à pousser. Visiblement je pousse bien et tu descends toute seule. J’attends une contraction et je recommence à pousser. Puis là, panne de contraction. Les contractions ne viennent plus. Je ne peux donc plus pousser. J’attends j’attends alors que tu étais là toute proche. Enfin, elles reviennent, je peux recommencer. Céline me demande si je veux toucher ta tête, ce que je fais. Tu es si proche, mais le chemin me semble encore très long.
Je continue. Tout se passe encore très bien. Un médecin de garde, le Dr Demetrescu passe par là. Elle vient voir si tout se passe bien. Entre deux contractions, le docteur, la sage femme et l’infirmière parlaient de leur couleur de cheveux. Je n’en revenais pas.
Bref, le docteur dit à ton papa de se venir voir ta tête. Je ne voulais pas que ton papa voit ça mais ce n’était pas trop le moment de philosopher.
Je pousse encore. Et puis je ne sais comment tu t’es retrouvée sur moi. Je ne t’ai même pas sentie sortir. Tu étais enfin là. Tu es née les yeux bien ouverts, tu m’as regardé. Je t’ai gardé très peu de temps sur moi, on t’a reprise pour te faire les premiers soins. Finalement tu es née à 17 heures pile, l’heure du tea time, le 29 avril 2007. Ton papa avait raison pour la date et moi pour l’heure car j’étais sûre que tu allais naître à l’heure du goûter, les coups de pieds que tu donnais à cette heure-ci pendant toute la grossesse m’avaient donné des indications.
J’essayais de voir ce que l’on te faisait mais la table sur laquelle tu étais se trouvait en retrait donc je n’ai rien pu voir. Une fois prête on t’a donné à ton papa pendant que l’on s’occupait de moi.
Pendant une heure environ, le temps qu’il a fallu pour me faire quelques points, suite à une petite déchirure à ta sortie, ton papa te tenait dans ses bras et te parlait. Je ne sais pas trop ce qu’il te racontait, mais il avait l’air très inspiré.
Une fois tout cela fini, j’ai changé de lit et on nous a laissé dans le couloir. Je crois que c’était pour vider la salle d’accouchement mais pour ne pas être trop loin non plus en cas de problème. Pendant ce temps je t’ai mise au sein et tu tétais vraiment bien.
Enfin, on nous amène dans notre chambre vers 19h15. Ton papa annonce la bonne nouvelle à tout le monde.
Nous restons là, à te contempler. Notre vie à trois commence.
Mamie Renée et Tata Pamela sont les premières à venir te voir et t’embrasser.
Malheureusement, papa doit partir, il est plus de 22 heures. C’est l’heure pour lui de rentrer. Il voudrait rester avec nous mais il ne peut pas.
Les jours suivants, à la maternité, se passent bien. Mais je trouve le temps long. J’ai hâte de rentrer et de pouvoir s’installer tranquillement chez nous. Pendant ce séjour j’apprends cependant à m’occuper de toi, l’allaitement, le bain, le change, etc.
Beaucoup de personnes viennent te voir, tu es une vraie petite star. Tu es également mitraillée par tous les photographes en herbe.
Notre sortie de la maternité est prévue pour le jeudi 3 mai. Ce jour là, le pédiatre nous dit qu’il ne peut pas nous laisser sortir car tu as perdu trop de poids et que tu aurais dû en reprendre avant de sortir. En fait la personne qui a retranscrit ton poids s’est trompée car tu as une courbe de croissance normale (3,270 kg à ta naissance ; 3,230 kg le soir même ; 3,020 kg mardi matin, 3,005 kg mercredi matin et enfin 3,050 kg jeudi matin) et le dernier jour tu as bien repris du poids. Le pédiatre confirme qu’il s’agit d’une erreur et nous sortons donc effectivement jeudi.
Ton papa vient nous chercher à la maternité vers 13 heures. Il fait quelques allers-retours vers la voiture car tu as reçu beaucoup de cadeaux, il faut donc déménager pas mal d’affaires.
Nous partons enfin de la maternité et nous nous installons à la maison. Nous sommes enfin chez nous, chez nous 3. Une nouvelle vie commence. Nous passons du couple à la famille.
Pour résumer, j’ai eu une très belle grossesse, 8 mois et demi de bonheur, un très bel accouchement et maintenant, tu es là, le plus beau bébé du monde.